Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne…

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…, Antoine Paje
Éditions Pocket, 144 pages, 2014

Certaines rencontres peuvent-elles changer le cours d’une existence ? Assurément. Une extraordinaire leçon de vie attend Paul Lamarche, Paul qui pense que réussir sa vie, se résume à… réussir. Un Noir américain à la carrure d’athlète rencontré en prison et un puissant homme d’affaires japonais qui parle de cerisiers et de poussières, d’autres encore, lui permettront enfin de comprendre que l’on ne réussit que lorsque l’on se met debout. Paul admettra enfin que les peurs ont mené sa vie jusque-là. On ne peut marcher que lorsqu’on dépasse les craintes qui nous entravent tous et nous empoisonnent. La vie est au bout du chemin. Un roman tour à tour parabole moderne de la découverte de soi, récit d’une amitié profonde et histoire d’amour incandescente.

8/20

Et il nous parla d’étables, de poussières et de montagnes… est un roman mettant en scène Paul Lamarche. Ce dernier travaillait dans une agence de voyages, mais décide du jour au lendemain de monter un business qui lui semble bien plus juteux avec Benoît, son meilleur ami dermatologue : une offre de soins à moindre coût à l’étranger pour faciliter l’accès à certains actes (notamment chirurgicaux). Ils vont donc avoir pour objectif de créer plusieurs partenariats, faire diverses rencontres, et va alors se mettre en place un réel cheminement de pensée pour Paul.

Au cours de l’introduction, je me suis dit que je tenais une petite pépite dans les mains. L’auteur y aborde le thème de la peur de façon imagée, simple, qui parle au plus grand nombre. Il explique qu’il y a plusieurs niveaux d’angoisse, que tout le monde est familier de ce sentiment, et qu’il existe diverses solutions pour s’en affranchir. Je m’imaginai donc que le parcours de Paul allait être centré autour de cela, et que j’allais me régaler tout en apprenant divers trucs et astuces. Malheureusement, quand j’ai fait la connaissance de Paul, j’ai commencé à moins accrocher au récit. Et cela a été de mal en pis au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture. En effet, je n’ai absolument pas eu d’atomes crochus avec ce protagoniste, qui est un individu très carriériste et avide d’argent et de reconnaissance. De plus, j’ai trouvé que ce qui lui arrivait était un peu trop rocambolesque pour être crédible, ou tout du moins trop loin de mes valeurs pour que je m’y retrouve (il est par exemple incarcéré huit jours après que la police le surprend sur un parking avec une femme dans une posture… intime).

Les autres protagonistes mis en scène ne m’ont pas non plus séduite. Il y a tout d’abord Zach, un individu noir qu’il rencontre en prison et qui inquiète sérieusement Paul, son compagnon de cellule, jusqu’à ce qu’ils finissent par briser le silence – et la préoccupation de Paul résidait principalement dans le fait qu’il craignait de se faire violer ou frapper par son codétenu. Il y a également M. Tanaka, un richissime homme d’affaires japonais qui va lui prodiguer quelques leçons de vie. Et n’oublions pas Benoît, dont l’entièreté de sa façon d’appréhender l’existence va changer à compter du jour où il va devenir père, ni Leonor, cette femme croisée pour la première fois au cours d’une balade en forêt. Tout cela m’a semblé trop gros pour être vrai. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage de Mme Angèle, une des employées de Paul et de Benoît qui a sincèrement le cœur sur la main et qui est prête à agir pour faire bouger les choses.

L’écriture est quant à elle peu fluide, ce qui m’a aussi rebutée. Le texte est peu aéré, ce qui donne un visuel relativement compact. Ainsi, même si le roman est très court (moins de 150 pages), j’ai mis un certain temps à le lire. Je n’avais pas spécialement hâte de me plonger dedans pour retrouver les protagonistes, et je dois reconnaître que je me suis parfois quelque peu ennuyée.

Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus poétique, à l’image de cette couverture. À quelque chose de plus doux, à ce que ce livre soit tel un petit bonbon que l’on déguste. Malheureusement, ce ne fut absolument pas le cas pour moi – mis à part les premières pages, qui m’ont quant à elles conquise. Je regrette que l’auteur n’ait pas continué de distiller de brefs conseils au fur et à mesure de la narration, plutôt que de nous proposer des choses parfois un peu trop moralisatrices pour moi. Mais j’en retiendrai néanmoins que la peur est une fausse amie, qui nous empêche de pleinement nous épanouir, d’être heureux et vraiment dans la vie. Bien évidemment, je le savais déjà, mais une petite piqûre de rappel n’est jamais superflue.

Car, en plus du reste, la peur est très contagieuse. Faire attention, évaluer une situation, un risque, est une démarche saine et logique qui n’a rien à voir avec la peur irrationnelle. La peur est une réponse émotionnelle, en général mauvaise, disproportionnée et sans fondement. La peur finit par nous pousser dans l’autodétestation et dans l’autodestruction. Or comment peut-on vraiment aimer si on ne s’aime pas ? Comment espérer être aimé si on ne s’aime pas ?

14 réflexions sur “Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne…

  1. C’est vrai que la couverture laissait présager quelque chose de poétique.
    Dommage que tu ai été déçue la thématique était pourtant alléchante.
    Bon dimanche

    J'aime

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