Le bonheur n'a pas de rides

Le bonheur n’a pas de rides, Anne-Gaëlle Huon
Éditions Le Livre de Poche, 352 pages, 2019

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

15/20

Paulette est déterminée à s’installer aux Hauts-de-Gassan pour finir ses jours, une maison de retraite de grand standing dans le Sud de la France. Pour cela, il lui suffit de convaincre Philippe, son fils, qu’elle ne peut plus rester seule. À quatre-vingt-cinq printemps, elle décide donc de mettre en scène une petite mascarade pour laisser penser qu’elle est atteinte de sénilité, et revêt par exemple des bottes de neige et un manteau en plein été, ou simule des absences. Et elle croyait bien parvenir à ses fins… mais c’était sans compter sur Corinne, sa belle-fille qu’elle peine à supporter, et qui persuade Philippe de placer sa mère dans une auberge au milieu de nulle part, en rase campagne, qui propose des locations de chambre longue durée.

J’ai adoré le personnage de Paulette, une vieille femme au caractère fort trempé qui rivalise d’ingéniosité. Une fois arrivée dans cette auberge qu’elle veut quitter au plus vite afin de se rendre dans sa résidence de rêve, elle prétend tout d’abord perdre la tête, et va faire tourner en bourrique M. Yvon, le patron du gîte, mais aussi Nour et Juliette, qui se chargent de la cuisine et du service en salle, ainsi que les différents habitants des lieux, tels que M. Georges ou Marceline. Seul le chat Léon semble échapper à son courroux. Démasquée par l’un d’entre eux, elle va se réfugier dans un mutisme qu’elle ne rompra que pour être désagréable. Mais au fur et à mesure, et le lecteur n’y verra là aucune surprise, elle va s’adoucir et apprendre à connaître et à se lier à ses colocataires. De plus, elle va découvrir que l’un cache des lettres, qu’une autre attend un heureux événement et qu’elle ne sait si elle doit ou non garder cet enfant, que parmi les hôtes se dissimule une mine d’or potentielle, car un des individus est particulièrement doué au tiercé, qu’un autre planque un petit cahier trouvé à la bibliothèque… Et tout ça ne va pas manquer de titiller l’intérêt de Paulette, qui aime manifestement être au courant de tout.

Le bonheur n’a pas de rides est un livre doudou, qui fait traverser de nombreuses émotions, et dont on retrouve les personnages avec plaisir. Il n’y a pas de rebondissements incroyables dans l’intrigue, mais on passe un bon moment et on éprouve différents sentiments, de l’enthousiasme à la tristesse, de la joie à la peur, craignant pour la santé d’unetelle, espérant pour untel, et étant curieux de ce que camouflent les uns et de ce que vont décider les autres. De sincères amitiés se nouent au fil de ces pages, et même plus… Ce récit fait du bien et donne foi en la nature humaine. Il rappelle l’importance de savourer des petits plaisirs simples de la vie, mais également combien il est essentiel de profiter de ses proches.

Quasiment tous les protagonistes de ce livre m’ont touchée à leur façon, et c’est là une grande force de ce roman. Je me suis attachée aussi bien au patron de l’auberge qu’à ses employés, sans oublier les locataires. Je me suis reconnue dans certaines situations, j’ai rêvé face à d’autres. J’aimerais rencontrer pour de vrai un M. Georges et regarder avec lui des comédies romantiques qui se déroulent à New York tout en mangeant des Petits Beurre. J’adorerais faire la connaissance d’une Juliette et lire à ses côtés un cahier intrigant trouvé sur une étagère de bibliothèque. Je voudrais croiser une Paulette, ou encore un M. Yvon…

Je referme donc Le bonheur n’a pas de rides le cœur léger. J’ai vraiment passé un chouette moment avec ce roman tout en douceur, porté par une plume très agréable à lire. À n’en point douter, je lirai Même les méchants rêvent d’amour, autre publication d’Anne-Gaëlle Huon.

Sylviane devait s’être chargée de communiquer à son fils son inquiétude sur la santé mentale de la vieille dame. Paulette avait ainsi préparé chacune des visites de Sylviane avec soin. Tantôt elle rangeait le beurre dans la bibliothèque et les livres dans le frigo, tantôt elle salait son thé et dispersait des pétales de blé dans son bain. […] Il lui semblait qu’elle avait porté le coup de grâce le jour où elle avait étendu ses culottes sur le portail. 

10 réflexions sur “Le bonheur n'a pas de rides

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s