Les Oubliés du dimanche

Les Oubliés du dimanche, Valérie Perrin
Éditions Albin Michel, 384 pages, 2015

Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.

18/20

Justine travaille aux Hortensias, une maison de retraite, en tant qu’aide-soignante. Cette jeune femme orpheline qui a été élevée par ses grands-parents avec son cousin Jules, qu’elle considère comme son frère – ils ont tous les deux perdu leurs parents dans le même accident de voiture. Justine adore son métier : écouter les personnes âgées, c’est se faire raconter plein d’histoires. De plus, cela lui permet de mettre de l’argent de côté pour les études post-bac de Jules (mais ça, Jules n’en saura rien !). Aux Hortensias, Justine s’est liée d’amitié avec sa collègue Jo, mais surtout avec Hélène, une des pensionnaires. Hélène, dont le petit-fils a offert un cahier à Justine, en lui demandant de lui écrire l’histoire de sa grand-mère. Ce sont donc ces deux récits qui vont s’imbriquer dans Les Oubliés du dimanche.

Tout d’abord, Les Oubliés du dimanche… Pourquoi un tel titre ? Parce qu’un corbeau appelle ce jour-là les familles de ceux qui n’ont pas reçu la visite de leur entourage depuis quelque temps, en leur faisant croire que les pensionnaires en question sont décédés. Les proches viennent à la maison de retraite pour dire au revoir à ceux qu’ils pensent disparus, et les personnes âgées, bien vivantes, sont heureuses de les voir ; quant aux proches, ils sont généralement soulagés de les découvrir bien portants. Ceux qui étaient oubliés sont donc les rois de la fête le dimanche. Vous trouvez l’idée séduisante ? Alors, vous adorerez cette lecture !

Même si aucun protagoniste ne m’a laissée indifférente, j’ai particulièrement apprécié Justine. Profondément humaine, elle s’épanouit dans son travail qui lui permet de prendre soin des autres, et tout spécifiquement d’Hélène, avec qui elle a noué une relation si forte, qu’elle la considère comme un membre de sa propre famille. Bien qu’elle ait beaucoup de respect pour ses grands-parents et qu’elle n’ose pas leur parler très librement, elle parvient à s’affranchir et à s’exprimer clairement lorsque la situation l’impose. Ces derniers, qui semblent désormais cohabiter par habitude, sans aucun doute brisés par la disparition tragique de leurs deux fils. Et Justine, ce dont elle rêve, c’est trouver l’amour avec un grand A. Malheureusement, tout ce que la vie lui offre pour le moment, ce sont des nuits par-ci par-là avec un homme dont elle ne se rappelle pas même le prénom.

L’histoire qui pourrait faire rêver Justine serait par exemple celle d’Hélène et de Lucien. Lucien, qui ne l’a jamais épousée, mais qui lui a appris à lire et qui lui a donné tout son amour. Un couple que la Seconde Guerre mondiale va briser. Mais quand on aime au plus haut point quelqu’un, a-t-on besoin de le voir pour que perdurent les sentiments ? Et peut-on oublier quand on a aimé aussi fort ? Tous les deux, ils vont créer leur univers. Et au fur et à mesure qu’elle couche leur histoire sur papier, Justine va s’étonner puis rêver, vibrer et être profondément émue face à l’existence menée par cette vieille femme qu’elle considère comme son amie.

L’écriture très poétique et fluide de Valérie Perrin nous offre une narration qui maintient constamment notre attention, du fait de ces deux histoires alternées et des chapitres relativement courts qui permettent un dynamisme à l’ensemble. Les Oubliés du dimanche est un magnifique ouvrage qui vous embarquera totalement. Secret de famille, amour au sens large (qu’il soit conjugal, fraternel, familial ou amical), mensonges, plongée dans l’horreur de la guerre, trahisons, mais aussi espoir, scènes cocasses, confidences ou rêves… C’est un voyage au cœur de tout cela que vous invite l’auteure… et de bien davantage !

— […] Tu vois, c’est ça mon quotidien. Il faut écouter dans l’urgence parce que le silence n’est jamais loin.
— Putain, c’est glauque.
— Tu sais, je pique quand même des fous rires presque tous les jours. 

Les Victorieuses

Les Victorieuses, Laetitia Colombani
Éditions Grasset, 224 pages, 2019

À 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out.
Pour l’aider à reprendre pied, son médecin lui conseille de se tourner vers le bénévolat. Peu convaincue, Solène tombe sur une petite annonce qui éveille sa curiosité : « cherche volontaire pour mission d’écrivain public ». Elle décide d’y répondre.
Envoyée dans un foyer pour femmes en difficulté, elle ne tarde pas à déchanter. Dans le vaste Palais de la Femme, elle a du mal à trouver ses marques. Les résidentes se montrent distantes, méfiantes, insaisissables. À la faveur d’une tasse de thé, d’une lettre à la Reine Elizabeth ou d’un cours de zumba, Solène découvre des personnalités singulières, venues du monde entier. Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va peu à peu gagner sa place, et se révéler étonnamment vivante. Elle va aussi comprendre le sens de sa vocation : l’écriture.
Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Cheffe de l’Armée du Salut en France, elle rêve d’offrir un toit à toutes les exclues de la société. Elle se lance dans un projet fou : leur construire un Palais.

16/20

Avocate depuis de nombreuses années, Solène a vu un ses clients condamnés pour fraude fiscale ; malheureusement, cet homme n’ayant pas supporté le verdict, il est sorti de la salle d’audience et a enjambé le garde-corps, sautant ainsi du sixième étage du palais de justice. En conséquence de ce terrible drame, notre quarantenaire sombre dans une profonde dépression – un burn-out, d’après le psychiatre qui la suit. Elle ne veut plus exercer sa profession… D’ailleurs, elle ne peut plus rien faire du tout. Le simple fait de se lever de son canapé semble mobiliser toutes ses forces. Mais sur les conseils de son médecin, elle va se rendre au Palais de la Femme, un foyer social situé dans Paris, et y proposer ses services en tant qu’écrivain public. Et si, en prêtant ses mots, elle parvenait ainsi à soulager ses maux…

Le personnage de Solène m’a beaucoup touchée. Ne trouvant plus de sens dans son métier, étant séparée depuis peu de celui qu’elle pensait être l’amour de sa vie, Solène semble se noyer dans sa solitude. Mais en pénétrant dans ce palais, et après avoir dans un premier temps voulu prendre ses jambes à son cou, Solène va faire la découverte de femmes toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Il y a par exemple Cynthia, cette femme qui ne s’entend pas avec les Tatas, les habitantes du foyer, sans doute car elle n’a jamais été vraiment aimée par qui que ce soit, et à qui on a retiré la garde de son fils. Il y a également cette femme qui a fui son pays avec sa fille pour protéger cette dernière d’une mutilation obligatoire, laissant son fils là-bas bien malgré elle. Il y a encore Cvetana, une collectionneuse d’autographes, qui compte bien obtenir celui de la reine Elisabeth II.

Parallèlement à cela, nous allons faire la connaissance de Blanche. Au début du XXe siècle, cette femme particulièrement impliquée auprès des plus faibles va grandir les rangs de l’Armée du Salut. Malgré la maladie, et accompagnée dans ses démarches et dans son engagement par son mari, Blanche va tout faire pour venir en aide aux personnes en situation précaire. Et tel un écho lointain, son histoire va finir par rejoindre celle de Solène, pour s’imbriquer dans un lieu qui a traversé les siècles. 

Les Victorieuses est un livre fort, empreint d’un réel message : c’est en voulant sauver les autres que l’on se sauve parfois soi-même. Lætitia Colombani nous montre ici à quel point prodiguer assistance à autrui peut être salutaire. Elle nous offre également une brillante leçon de vie à travers de Solène, qui a manifestement tout (un bel appartement dans Paris, un MacBook dernier cri), mais à qui il manque l’essentiel : avoir un but dans son existence. Et c’est ce qu’elle va comprendre dans ce Palais de la Femme. Nous découvrons un endroit qui a son histoire, notamment par le biais de Blanche. Et j’ai trouvé très intéressant ce lien entre deux personnages que près d’un siècle sépare, et qui ont pourtant le même objectif : venir en aide à leurs semblables. Ce pont entre ces deux périodes offre un encrage encore plus profond au récit, et quasiment une portée universelle, car si l’histoire a ses échos à une autre époque, nul doute qu’elle en a pareillement en différents lieux.

Ce roman de Lætitia Colombani fut une lecture très intense. J’en ressors fortement marquée d’avoir croisé ces femmes qui redonnent foi en l’espèce humaine, et j’espère que notre monde est peuplé de Solène et de Blanche, qui vont parfois jusqu’à faire preuve d’abnégation d’elles-mêmes. Tous les protagonistes rencontrés au cours de cette lecture m’ont touchée, et je ne peux que recommander cette œuvre au plus grand nombre.

Elle n’avait pas saisi jusqu’alors le sens profond de sa mission : écrivain public. Elle le comprend seulement maintenant. Prêter sa plume, prêter sa main, prêter ses mots à ceux qui en ont besoin, tel un passeur qui transmet sans juger.

Le bonheur n'a pas de rides

Le bonheur n’a pas de rides, Anne-Gaëlle Huon
Éditions Le Livre de Poche, 352 pages, 2019

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

15/20

Paulette est déterminée à s’installer aux Hauts-de-Gassan pour finir ses jours, une maison de retraite de grand standing dans le Sud de la France. Pour cela, il lui suffit de convaincre Philippe, son fils, qu’elle ne peut plus rester seule. À quatre-vingt-cinq printemps, elle décide donc de mettre en scène une petite mascarade pour laisser penser qu’elle est atteinte de sénilité, et revêt par exemple des bottes de neige et un manteau en plein été, ou simule des absences. Et elle croyait bien parvenir à ses fins… mais c’était sans compter sur Corinne, sa belle-fille qu’elle peine à supporter, et qui persuade Philippe de placer sa mère dans une auberge au milieu de nulle part, en rase campagne, qui propose des locations de chambre longue durée.

J’ai adoré le personnage de Paulette, une vieille femme au caractère fort trempé qui rivalise d’ingéniosité. Une fois arrivée dans cette auberge qu’elle veut quitter au plus vite afin de se rendre dans sa résidence de rêve, elle prétend tout d’abord perdre la tête, et va faire tourner en bourrique M. Yvon, le patron du gîte, mais aussi Nour et Juliette, qui se chargent de la cuisine et du service en salle, ainsi que les différents habitants des lieux, tels que M. Georges ou Marceline. Seul le chat Léon semble échapper à son courroux. Démasquée par l’un d’entre eux, elle va se réfugier dans un mutisme qu’elle ne rompra que pour être désagréable. Mais au fur et à mesure, et le lecteur n’y verra là aucune surprise, elle va s’adoucir et apprendre à connaître et à se lier à ses colocataires. De plus, elle va découvrir que l’un cache des lettres, qu’une autre attend un heureux événement et qu’elle ne sait si elle doit ou non garder cet enfant, que parmi les hôtes se dissimule une mine d’or potentielle, car un des individus est particulièrement doué au tiercé, qu’un autre planque un petit cahier trouvé à la bibliothèque… Et tout ça ne va pas manquer de titiller l’intérêt de Paulette, qui aime manifestement être au courant de tout.

Le bonheur n’a pas de rides est un livre doudou, qui fait traverser de nombreuses émotions, et dont on retrouve les personnages avec plaisir. Il n’y a pas de rebondissements incroyables dans l’intrigue, mais on passe un bon moment et on éprouve différents sentiments, de l’enthousiasme à la tristesse, de la joie à la peur, craignant pour la santé d’unetelle, espérant pour untel, et étant curieux de ce que camouflent les uns et de ce que vont décider les autres. De sincères amitiés se nouent au fil de ces pages, et même plus… Ce récit fait du bien et donne foi en la nature humaine. Il rappelle l’importance de savourer des petits plaisirs simples de la vie, mais également combien il est essentiel de profiter de ses proches.

Quasiment tous les protagonistes de ce livre m’ont touchée à leur façon, et c’est là une grande force de ce roman. Je me suis attachée aussi bien au patron de l’auberge qu’à ses employés, sans oublier les locataires. Je me suis reconnue dans certaines situations, j’ai rêvé face à d’autres. J’aimerais rencontrer pour de vrai un M. Georges et regarder avec lui des comédies romantiques qui se déroulent à New York tout en mangeant des Petits Beurre. J’adorerais faire la connaissance d’une Juliette et lire à ses côtés un cahier intrigant trouvé sur une étagère de bibliothèque. Je voudrais croiser une Paulette, ou encore un M. Yvon…

Je referme donc Le bonheur n’a pas de rides le cœur léger. J’ai vraiment passé un chouette moment avec ce roman tout en douceur, porté par une plume très agréable à lire. À n’en point douter, je lirai Même les méchants rêvent d’amour, autre publication d’Anne-Gaëlle Huon.

Sylviane devait s’être chargée de communiquer à son fils son inquiétude sur la santé mentale de la vieille dame. Paulette avait ainsi préparé chacune des visites de Sylviane avec soin. Tantôt elle rangeait le beurre dans la bibliothèque et les livres dans le frigo, tantôt elle salait son thé et dispersait des pétales de blé dans son bain. […] Il lui semblait qu’elle avait porté le coup de grâce le jour où elle avait étendu ses culottes sur le portail. 

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne…

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…, Antoine Paje
Éditions Pocket, 144 pages, 2014

Certaines rencontres peuvent-elles changer le cours d’une existence ? Assurément. Une extraordinaire leçon de vie attend Paul Lamarche, Paul qui pense que réussir sa vie, se résume à… réussir. Un Noir américain à la carrure d’athlète rencontré en prison et un puissant homme d’affaires japonais qui parle de cerisiers et de poussières, d’autres encore, lui permettront enfin de comprendre que l’on ne réussit que lorsque l’on se met debout. Paul admettra enfin que les peurs ont mené sa vie jusque-là. On ne peut marcher que lorsqu’on dépasse les craintes qui nous entravent tous et nous empoisonnent. La vie est au bout du chemin. Un roman tour à tour parabole moderne de la découverte de soi, récit d’une amitié profonde et histoire d’amour incandescente.

8/20

Et il nous parla d’étables, de poussières et de montagnes… est un roman mettant en scène Paul Lamarche. Ce dernier travaillait dans une agence de voyages, mais décide du jour au lendemain de monter un business qui lui semble bien plus juteux avec Benoît, son meilleur ami dermatologue : une offre de soins à moindre coût à l’étranger pour faciliter l’accès à certains actes (notamment chirurgicaux). Ils vont donc avoir pour objectif de créer plusieurs partenariats, faire diverses rencontres, et va alors se mettre en place un réel cheminement de pensée pour Paul.

Au cours de l’introduction, je me suis dit que je tenais une petite pépite dans les mains. L’auteur y aborde le thème de la peur de façon imagée, simple, qui parle au plus grand nombre. Il explique qu’il y a plusieurs niveaux d’angoisse, que tout le monde est familier de ce sentiment, et qu’il existe diverses solutions pour s’en affranchir. Je m’imaginai donc que le parcours de Paul allait être centré autour de cela, et que j’allais me régaler tout en apprenant divers trucs et astuces. Malheureusement, quand j’ai fait la connaissance de Paul, j’ai commencé à moins accrocher au récit. Et cela a été de mal en pis au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture. En effet, je n’ai absolument pas eu d’atomes crochus avec ce protagoniste, qui est un individu très carriériste et avide d’argent et de reconnaissance. De plus, j’ai trouvé que ce qui lui arrivait était un peu trop rocambolesque pour être crédible, ou tout du moins trop loin de mes valeurs pour que je m’y retrouve (il est par exemple incarcéré huit jours après que la police le surprend sur un parking avec une femme dans une posture… intime).

Les autres protagonistes mis en scène ne m’ont pas non plus séduite. Il y a tout d’abord Zach, un individu noir qu’il rencontre en prison et qui inquiète sérieusement Paul, son compagnon de cellule, jusqu’à ce qu’ils finissent par briser le silence – et la préoccupation de Paul résidait principalement dans le fait qu’il craignait de se faire violer ou frapper par son codétenu. Il y a également M. Tanaka, un richissime homme d’affaires japonais qui va lui prodiguer quelques leçons de vie. Et n’oublions pas Benoît, dont l’entièreté de sa façon d’appréhender l’existence va changer à compter du jour où il va devenir père, ni Leonor, cette femme croisée pour la première fois au cours d’une balade en forêt. Tout cela m’a semblé trop gros pour être vrai. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage de Mme Angèle, une des employées de Paul et de Benoît qui a sincèrement le cœur sur la main et qui est prête à agir pour faire bouger les choses.

L’écriture est quant à elle peu fluide, ce qui m’a aussi rebutée. Le texte est peu aéré, ce qui donne un visuel relativement compact. Ainsi, même si le roman est très court (moins de 150 pages), j’ai mis un certain temps à le lire. Je n’avais pas spécialement hâte de me plonger dedans pour retrouver les protagonistes, et je dois reconnaître que je me suis parfois quelque peu ennuyée.

Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus poétique, à l’image de cette couverture. À quelque chose de plus doux, à ce que ce livre soit tel un petit bonbon que l’on déguste. Malheureusement, ce ne fut absolument pas le cas pour moi – mis à part les premières pages, qui m’ont quant à elles conquise. Je regrette que l’auteur n’ait pas continué de distiller de brefs conseils au fur et à mesure de la narration, plutôt que de nous proposer des choses parfois un peu trop moralisatrices pour moi. Mais j’en retiendrai néanmoins que la peur est une fausse amie, qui nous empêche de pleinement nous épanouir, d’être heureux et vraiment dans la vie. Bien évidemment, je le savais déjà, mais une petite piqûre de rappel n’est jamais superflue.

Car, en plus du reste, la peur est très contagieuse. Faire attention, évaluer une situation, un risque, est une démarche saine et logique qui n’a rien à voir avec la peur irrationnelle. La peur est une réponse émotionnelle, en général mauvaise, disproportionnée et sans fondement. La peur finit par nous pousser dans l’autodétestation et dans l’autodestruction. Or comment peut-on vraiment aimer si on ne s’aime pas ? Comment espérer être aimé si on ne s’aime pas ?