L'Appel du coucou

L’Appel du coucou, Robert Galbraith
Éditions Le Livre de Poche, 696 pages, 2014

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide. Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.

14/20

Lula Landry, célèbre mannequin londonien, est décédée. Son corps a été retrouvé sur un trottoir londonien, devant l’immeuble où elle habite, et il semblerait qu’elle se soit suicidée. Tout du moins, c’est ce que conclut la police. Mais John Bristow, son frère adoptif, pense que sa sœur a été assassinée et que le meurtrier court toujours. Il fait donc appel à Cormoran Strike, un détective privé, qui accepte car il y voit là un intérêt pécuniaire non négligeable, alors que ses finances sont au plus bas.

Cormoran Strike est loin d’être un enquêteur comme les autres. Blessé de guerre (il a perdu une jambe lorsqu’il officiait en Afghanistan), cette vraie armoire est bien à mille lieues du monde des paillettes dans lequel évoluait Lula. Célibataire depuis peu, il dort dans un lit de camp dans son bureau, et se retrouve avec une secrétaire – Robin –, qu’il ne sait même pas comment payer. La demande du frère de Lula est donc une véritable aubaine pour Strike, qui va faire la connaissance de divers protagonistes autour de son investigation, éprouvant un réel souhait de les aider pour certains, et ayant parfois envie de coller des baffes à d’autres. Robin est quant à elle une jeune femme très attachante, qui ressent le désir de participer elle aussi aux recherches – bien que cela dépasse de loin ses fonctions, et déplaît grandement à son petit ami. Là où Strike symbolise une certaine force, Robin est la touche féminine qui permet de débloquer certaines situations.

L’Appel du Coucou, publié par J. K. Rowling sous le pseudo de Robert Galbraith, est un roman policier dans lequel l’auteure nous emmène dans les rues de Londres, des quartiers huppés à d’autres, moins reluisants. Elle prend son temps pour présenter l’avancée de l’enquête pas après pas. Je dois néanmoins reconnaître que cela rend l’action un brin trop lente, et a parfois créé une certaine forme d’ennui. À mon sens, il y a trop de longueurs, ce qui fait que l’on décroche un peu par moments, et que je ne ressentais pas de réelle impatience à poursuivre ma lecture pour en connaître le fin mot.

Robert Galbraith nous propose ici toute une galerie de personnages, allant de la jeune femme adoptée au frère envieux, de l’artiste dévasté par le chagrin d’avoir perdu celle qu’il chérit à la voisine presque hystérique qui argue des faits que personne ne croit, de la mère adoptive malade éprouvant un amour inconditionnel pour sa fille à la mère biologique qui semble très intéressée par la fortune de son enfant, etc. Tous les protagonistes sont traités avec beaucoup de justesse et de détails. Chacun a une personnalité qui lui est propre et des traits de caractère finement travaillés. On ne peut qu’être émus par la fragilité de Lula, que l’on découvre au fur et à mesure de l’enquête, ou encore par la souffrance de sa mère adoptive ayant dû faire face à la mort d’un fils en bas âge.

J’ai donc passé un moment de lecture plutôt agréable avec L’Appel du Coucou, même si certaines longueurs ont quelque peu entaché mon plaisir. Pour autant, j’ai trouvé le dénouement vraiment brillant, et j’étais bien loin de me douter du fin mot de l’histoire. D’ailleurs, j’ai eu du mal à lâcher le livre sur les cinquante dernières pages tant j’étais étonnée de la tournure que prenaient les événements. Je dois reconnaître que j’ai été menée par le bout du nez… et j’ai adoré cela ! Au demeurant, je pense que je lirai à l’occasion Le Ver à soie, car je retrouverai avec plaisir le duo formé par Strike et Robin.

« Tout ce que je veux, Strike, dit Bristow d’une voix rauque, son visage maigre empourpré, c’est la justice ! »
Ce fut comme s’il avait fait vibrer un diapason divin : le mot raisonna dans la pièce minable, éveillant un écho inaudible mais qui atteignit Strike en plein cœur. […] Certes, il avait désespérément besoin d’argent, mais l’avocat venait de lui donner une autre raison, plus noble, de faire taire ses scrupules.